En 2015, notre pays a subi des attentats les plus meurtriers, jamais commis.

Offensive terroriste islamiste le 7 Janvier, à Paris, contre le journal satirique Charlie Hebdo, munis de fusils d’assaut et assassinant 11 personnes dont 8 membres de la rédaction. Véritable attaque contre la liberté d’expression, contre l’Occident, l’Europe et les valeurs de la démocratie. Seconde offensive, le 13 Novembre, à Paris et à St Denis, attaques revendiquées par l’organisation Etat Islamique (dite Daech) 130 morts et des centaines de blessés et que, là aussi, rien ne peut justifier.

De tels évènements sanglants ont profondément marqué notre société. Les terroristes ont pris pour cible des citoyens français, parfois étrangers, très souvent des jeunes dans leurs activités de loisirs (concert, dîner, prise d’un verre en terrasse….) à jamais « génération Bataclan ». Ils ont aussi voulu frapper un mode de vie, des valeurs, une civilisation – la nôtre – pour qui la femme est l’égale de l’homme, les droits de la conscience...

Selon le sociologue Edgar MORIN « la France a été frappée au cœur de sa nature laïque et de son idée de liberté » et François HOLLANDE a su se montrer à la hauteur de sa fonction de Président et homme de la situation, condamnant un « acte de guerre organisé de loin et froidement exécuté par une horde d’assassins agissant au nom d’une cause folle et d’un Dieu trahi ».

Pour l’ancien ministre Jack LANG « C’est le droit à la vie, c’est la liberté, c’est la culture, c’est une certaine forme de vie, de civilisation que les auteurs des attentats ont voulu assassiner ».

Notre peuple a su, dans ces moments tragiques, ne pas céder à la haine. Les terroristes ont cherché à susciter la violence intercommunautaire et ont voulu semer la peur. Tout ce qu’ils ont récolté, c’est une République forte et unie. On a constaté, de la part de notre société, une forme de résilience qui s’est traduite par une volonté d’engagement citoyen, notamment parmi les jeunes et pour aussi trouver la force de reconstruire, sans se résigner à la fatalité du malheur.

La réponse adaptée réside dans le difficile et fragile équilibre Liberté / Sécurité. La déclaration d’un état d’urgence, bien que prévu par la Constitution, pose néanmoins le problème d’atteinte aux libertés individuelles, par l’adoption de mesures exceptionnelles (perquisitions administratives, assignations à résidence...) et ses craintes, dans la durée, d’un possible glissement vers un régime d’état permanent de crise caractérisé par une restriction des droits et des libertés. Une intervention du juge, gage d’indépendance et de neutralité, apparaît aujourd’hui plus que nécessaire, associée à la solidarité et l’extrême vigilance de tous les citoyens.

Les derniers évènements de Belgique rappellent encore que nous devons apprendre à vivre durablement avec la menace terroriste.

André DARRACQ